Depuis des millénaires les démons, les humains et les anges avaient fait la paix... mais un jour tout bascule, serez vous de l'aventure ?
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 Chapitre 4 : Sauvetage

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Kurando
Humain
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MessageSujet: Re: Chapitre 4 : Sauvetage   Mar 17 Juin - 11:47

Kurando était toujours aux cotés de leur meneuse, plaçant un périmètre de sécurité autour d'elle et des exclaves gâce à une utilisation tactique de ses robots. Il y avait néanmoins beaucoup de démons contre eux et il devenait de plus en plus difficile de protéger tout le monde, donc le japonais se lança dans la meilleure des défenses à ses yeux, à savoir l'attaque. Ses robots pouvaient concentrer leurs tirs sur une zone bien précise, ne laissant rien survivre à l'intérieur, ou au contraire diffuser leur tri de barrage autour d'un champ d'action plus diffus qui semait la panique dans les rangs ennemis, car plus imprévisible. Kurando avait une technique de commande bien spécifique envers ses machines, il les controlait par la pensée, le seul soucis fut qu'à un moment sa pensée lui échappa un peu et quand il s'en rendit compte, l'ordre avait été donné et il garda son sang-froid en annulant cet ordre, mais trop tard, ses robots avaient fait le vide autour du démon qui l'avait massacré à l'entrainement. Ce qui aurait été un soulagement pour tout autre allié fut particulièrement néfaste pour le démon en question qui en fut grièvement blessé, et neutralisé. Kurando n'avait pas de robots soigneurs, ce serait donc à un de leurs alliés de s'occuper des blessés, de toute façon tactiquement le japonais n'avait rien à se reprocher, ses robots n'avaient pas tiré sur le démon et il ne pouvait pas connaitre toutes les caractéritisques de ses alliés. Il changea simplement de technique et fit des grands trous dans les rangs des démons. Quand un robot était trop endommagé, il le remplaçait par un autre, le temps que le robot défectueux soit réparé par des unités internes conçues à cet effet. C'était un système ultra perfectionné et en plus ça faisait le café, et un bon café, avec ou sans crème, avec un ou deux sucres, voire une rondelle de citron selon les affinités. Kurando n'aimait pour sa part pas le citron, on l'avait trop pressé pendant ses recherches, et en plus venant des américains ça avait tout de suite une onnotation raciste. Non, Kurando n'aimait pas le citron, mais il aimait bien transformer ses ennemis du moment en pulpe sanguinolente. C'était plaisant de protéger ses alliés, et surtout Elle qui se battait avec grâce, intelligence et raffinement. Elle était efficace autant sur le fond que sur la forme, ce qui était le sommet du talent. Il ne comprenait pas vraiment sa technique de vouloir agir ainsi de façon si mineure, mais cétait peut-être pour énerver leur ennemi et le faire intervenir en personne, le combattre et le vaincre afin de libérer définitivement le monde de son emprise maléfique. Toujours est-il qu'Elle savait certainement ce qu'elle faisait, guidée par l'ancien Sanctuaire, et que Kurando aurait été mal avisé de remettre ses décisions en doute.

"Tu te bats bien, Elle, et avec style, il ne manque que la chevauchée de Walkyries pour accompagner notre glorieuse bataille pour la liberté."

Quoi, un petit compliment ça ne fait pas de mal, surtout quand c'était vrai, et on pouvait être japonais et apprécier la musique fossilisée classique, comme Wagner, compositeur de l'âge de Pierre, ou pas loin. Pourvu que dans leur cas, le Crépuscule des Dieux ne devienne pas plus approprié, mais non ce serait le Crépuscule du Fléau ! Et en parlant de style, Kurando se battait lui-même avec une élégance certaine. Evidemment, dans les faits, il donnait des ordres à ses robots, et donc il ne se battait pas de lui-même, mais il restait alerte, vigilant, se déplaçant avec ses alliés, et ne se contentait certainement pas de rester les bras ballants, adoptant des poses fières comme si on le prenait en photo, en caméra subnumérique, montrant ainsi son courage en narguant l'ennemi de par son sang-froid digne des plus grands samourais. La Classe. Une petite méditation à la Rodin, une pause à la "You're talking to me !", et tutti quanti. Et cetera. Ne manquait que le Moonwalk mais c'eut été tout de même un brin trop rêveur, héhé. Et toute ça dans la ferveur des combats, sous un ciel apocalyptique. De toute façon il filmait la bataille, les plaçant sous le meilleur angle possible, c'est-à-dire celui qui le magnifiait. Ainsi montrerait-il le cas échéant qu'il n'avait absolument pas prémidité la chute du Vidin de basse extraction.

Le combat continuait, apre et sanguinaire, sauf provenant des machines de guerre de Kurando, qui avec leur laser cautérisaient les plaies juste après la blessure, coupant parfois un démon en deux, mais sans giclement de sang rouge, vert ou d'une autre couleur. Le jeune homme aurait pu appeler son modèle Colosse, le problème c'était qu'il n'était pas adapté à la libération d'esclaves, et qu'il aurait pu les massacrer aussi avec ses missiles à large zone d'effet. Si les esclaves avaient été docilement entassés dans un coin bien précis, c'eut été possible, mais ce n'était pas le caset Kurando ne pouvait donc pas prendre ce risque, après tout il s'agissait de rendre l'espoir aux peuples opprimés, pas de les transformer en steak tartares. En tout cas, Kurando suivait les directives d'Elle en attendant la suite des événements, qu'ils continuent le combat jusqu'à avoir libéré tout le monde et rentrent au chateau, à priori, mais avec leur meneuse rien n'était certain. Elle était décidemment tellement imprévisible, mais justement, ce petit coté de sa personnalité n'était pas déplaisant du tout.
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Les Soeurs Lockheart
Humain
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MessageSujet: Re: Chapitre 4 : Sauvetage   Dim 22 Juin - 16:37

Les coups tombaient comme la grêle du côté de Louna, pour son plus grand bonheur. La cantatrice avait cédé sa place dans les écouteurs du baladeur numérique pour un groupe aux sons plus durs. Le chanteur avait un niveau de ténor. Cependant, la chanson était moins réflexive que la précédente, beaucoup plus… pyromane.

Louna était totalement dans son « trip musical » comme elle le disait des fois, quelqu’un d’autre dirait qu’elle ne voulait rien entendre.
Elle avait une expression à la limite du diabolique sur le visage, la mélodie dans ses oreilles y contribuant fortement. Ses bras légèrement repliés le long de son corps, la chaleur dans ses poings s’amplifia en même temps qu’elle se mit à prononcer d’une voix assez puissante :

Louna : “Ein heisser Schrei… FEUER FREI !” (1)

Elle abaissa ses deux mains jointes sur la tête du démon dans un bond en avant. Sitôt que le démon s’affaissa (si si malgré sa petite taille), une brève tour de feu bleu l’enserra et s’éleva pour disparaître très vite. C’était déjà quelque chose qu’elle parvint à ce genre d’enchaînement mais son état était tel qu’elle s’en aperçut à peine.

Elle se tourna vers Bérangère qui finissait d’évacuer un enfant en collant sa tête contre sa main comme si une migraine débutait.

Louna : Je ne sais pas ce qu’ils ont foutu comme dope dans le jus d’orange ce matin mais c’est D’ENFER !
Bérangère : Je lui ai trouvé un curieux goût ferreux mais je n’ai pas réfléchi plus loin…

Louna pensa « ouah elle s’améliore ! » mais cessa dès qu’elle aperçut sa sœur plus appuyer son front contre sa paume.

Louna : Qu’est ce que t’as ?
Bérangère : Rien, j’ai les neurones qui doivent être légèrement endommagés… des hallucinations auditives… Pires que les acouphènes, ce n’est pas des « bip » mais j’entends… des sons articulés… Peut-être l’aire auditive primaire…

Bérangère avait honte, même devant sa « jumelle » de sortir qu’elle entendait des voix, pourtant c’est ce qui était le plus proche de la vérité…
Louna eut une expression indéfinissable, mais alors qu’elle relevait la tête, elle aperçut au loin Tifa avec un air exaspéré pour disparaître aussitôt. Louna jurerait qu’elle n’y était pas étrangère. Elle entendit comme surgi de nulle part :

??? : Elle est agaçante à résister au sort d’appel que j’ai fait poser par les autorités expressément pour elle !

Bérangère : Retourne z’y… Nous avons encore du travail. Je… je crois que je vais panser les blessés…

Louna ne dit rien, Bérangère avait raison. Bérangère avait souvent, pour ne pas dire toujours, raison…
Elle eut cependant le don de lui pourrir son élan bourrin. Pour se requinquer, Louna changea de piste, passant à un air plus militaire, avec un petit quelque chose en plus : c’était un air en live auquel elle avait assisté. La montée d’adrénaline serait certaine, elle n’avait jamais su résister à cet air, même ensuquée, ça lui donnait des vagues d’excitation. Elle revoyait le batteur qui demandait au public de battre le rythme et ça, ça aide à administrer vos coups de façon calculée.
Il suffit de se dire que le combat est une danse.

L’effet ne se fit pas attendre : elle recommença à distribuer ses simples attaques mais de façon beaucoup plus enjouée, voire… guillerette. Elle était… déconnectée de la réalité.

Elle chuchota parfois les paroles de la chanson entre deux coups jusqu’à ce que quelque chose d’étrange se produisît : les démons semblaient vouloir s’organiser pour un mouvement commun, mais pas vers leurs adversaires du moment. Ils abandonnaient leur combat.

Louna ne put s’empêcher de penser « même pas drôle ! » mais commença à comprendre ce qu’il se passait quand elle vit qu’Elle était du genre… bien entourée.

Louna : Et merde !

Elle se rua comme un taureau fou dans une masse démoniaque. Le problème résidait dans le fait qu’ils étaient trop nombreux. Par chance pour elle, ils se contentèrent de lui administrer suffisamment de chocs pour l’étourdir et l’assommer plus que pour la tuer, tant ils étaient pressés d’en découdre avec la meneuse.
Ils trouvèrent même le moyen de la faire tomber dans une petite fosse et de l’y abandonner.

Bérangère ne tarda pas à approcher du trou, ayant vu l’évènement de loin.

Bérangère : Lou ! Lou, tu m’entends ? Je sais que tu n’es pas morte alors dis-moi quelque chose !

Elle remarqua un bras qui se dressa en l’air, puis un index, les autres doigts étant repliés.

Louna : *sur un air chantant* Les amis, c’est le paradis ! Nulle guerre et de la bière ! Les goudous à la basse, les pédés au clavier, les hétéros où ils peuvent et moi, pour la voix !
Bérangère : (je croyais que son truc aussi c’était la basse -_- ) Quelque chose de sensé ahurie des Alpes !
Louna : *toujours pareille* C’est nous les pharmaciens qui venons vous trouver ! ...
Bérangère : STOP !!! Arrête la plaisanterie, on se bat ici !
Louna : *se hissant en grimaçant hors de la fosse* Fais gaffe Bébé, tu commences à faire des rimes pauvres… *s’écroulant sur le dos sur le sol, la bouche se tordant sous la douleur* Je t’ai connue de meilleur niveau. Oh les salauds ils m’ont pas ratée…
Bérangère : *commençant à bander le bras de sa sœur* Quelle idée de se jeter à une contre des dizaines, tu voulais te suicider ?
Louna : Tu sais pertinemment que si je devais en finir par moi-même, je nous choisirai la digitale pourpre…
Bérangère : Digitalis purpurea, famille des Scrofulariacées… Hum désolée, déformation professionnelle. Fallait réviser pour le contrôle des reconnaissances. J’aimerais être plus efficace…

Tandis qu’elle prononçait ces mots, une petite brise s’éleva autour d’elles deux et fit du bien à la blessée. Elle plaisanta malgré ses plaies :

Louna : Tu vois que tu arrives à quelque chose !
Bérangère : Mais que… ?
Louna : En deux mots : « j’aimerais ». Registre du désir. Bien que vœu pieu à finalité raisonnable, c’est une sorte d’élan du cœur auquel tu viens de te laisser aller… quelque chose que tu fais trop rarement car ne te ressemblant pas, ce qui bride ta part de don. Dès que tu commenceras à réfléchir, il ne se passera plus rien… Il semblerait que la scission ne fut pas parfaite… Quant à moi, je n’ai pas encore assimilé les sorts de lancers pyrophoriques pour les canarder de loin.
Bérangère : Et tu n’es pas encore suffisamment en état pour retourner taper…
Louna : Avec de la bonne musique et en un contre un, ce n’est pourtant pas perdu… Malheur à celui qui s’éloignera de son groupe ! Vengeance !

Ce fut ainsi que les deux jeunes filles retournèrent aider leurs compatriotes, Bérangère en retrait pour les soins, et Louna guettant le « malheureux » diablotin qui s’isolerait…

****************************************************

(1) : Copyright Rammstein "Feuer Frei". Traduction "un cri brûlant : feu à volonté !"

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Hanna Warldof
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MessageSujet: Re: Chapitre 4 : Sauvetage   Jeu 4 Sep - 12:13

Je déteste me sentir impuissante… Le sang, la mort… Elle fait partie de mon quotidien depuis ma naissance. Je suis née il y a plusieurs années de ça dans le monde des démons d’une femme dont je ne me souviens pas et d’un homme qui m’a donné à son meilleur ami alors que j’avais deux ans. On aurait pu croire que cela m’aurait déprimée ou rendu malheureuse… En réalité non. Mon nouveau père était chaleureux, j’avais une sœur charmante, un ami que j’adorais. Ma vie ne pouvait pas être meilleure dans l’enfer qui était notre demeure. Puis, il y a eut cet accident. Le feu, le sang… une marque sur chacun de nous mais la mienne qui ne voulait pas se stabiliser… Jusqu’à ce jour. Mais finalement, à quoi bon avoir cette marque si, comme Vidin et Judith, elle ne me permet pas d’être forte.

A la vue du sang de Vidin, mes pensées se sont brouillés et sont partis loin, très loin de moi…

« Ne l’approchez pas bande de larves… »

Le regard passant de son habituel violet à un noir profond, je lève les mains en direction de ces bêtes assoiffés de mort et un flux d’énergie se répand parmi eux, les faisant imploser de l’intérieur. L’énergie fait s’envoler mes longs cheveux et je sens que je perds le contrôle de mon pouvoir. Cependant, il s’agit avant tout de sauver Vidin de ces horribles monstres. Ils sont petits mais vraiment vicieux.

Non loin de nous, le reste de la bande en termine avec ceux qui restent tout en continuant à protéger les civils. Elle laisse Daryan terminer le travail et elle lance un rappel des troupes.

Elle : « C’est bon, laissez ceux qui restent, on rentre à la maison ! Aidez les blessés ! »

Comme si j’avais besoin qu’elle me le dise… Je laisse Judith faire le ménage et achever les bestioles restantes. Je m’approche de Vidin, inconscient, et fait un pansement de mon aura pour stopper l’hémorragie. Je vais probablement dormir durant des heures avec tout ça… Mais il faut que je porte Vidin.

Judith : « Laisse moi faire, tu as abusée de tes forces. »

Son visage est sérieux, cela me semble presque inquiétant. Je la laisse cependant faire. Vidin est de toute façon trop lourd pour moi. Nous rentrons au château, je laisse à d’autres la tâche de s’occuper des civils. J’accompagne Judith et Vidin à l’infirmerie et je regarde les gens autour de nous soigner mon bien aimé… sans pouvoir faire un geste. On me pousse dans un lit et à peine ma tête touche le tissu blanc des draps que je m’endors… Je ne me réveille que plusieurs heures plus tard en un sursaut.

« Vidin ! »

Mais la première chose que je vois c’est le visage souriant de ma sœur.

Judith : « Il dort encore. Contente de voir que tu es réveillée Hanna ! »

Je lui fais un petit signe de la tête…

« Il… ? »
Judith : « Il va bien, enfin si on veut… Il a perdu beaucoup de sang mais on en saura plus quand il se réveillera. »


Je ne répond pas. Vraiment… tout est encore flou dans mon esprit… Je ferais peut-être mieux de dormir…

*****
Consignes : On rentre !

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MessageSujet: Re: Chapitre 4 : Sauvetage   Mar 9 Sep - 23:26

Bérangère avait poursuivi son rôle d'infirmière de secours. Louna, lasse d'attendre en vain qu'un diablotin joue solo, décida de veiller aux arrières des soigneurs.

Elle finit par annoncer le retrait des troupes. Les réactions des uns et des autres sont semblables et divers. Bérangère affichait un discret sourire, celui de la satisfaction du devoir accompli. Quant à Louna, elle chantonnait gaillardement un air de marins, où l’on envoie paître le roi d’Angleterre et l’on boit à la santé du roi de France. Elle ne se manifesta pas plus, de par les ecchymoses qui avaient élu domicile sur son corps.

Bérangère retourna exécuter ce qu’elle appelle son devoir de future professionnelle de santé, de par le serment de Galien qu’elle prononcerait un jour. Louna préféra prendre de suite une rapide douche chaude et s’écrouler sur le lit, le visage s’enfouissant en bonne partie dans le drap. Elle se reposa en écoutant de la musique.

Le hasard voulut qu’une chanson à deux voix se glissa au creux de son oreille, l’émouvant suffisamment pour que de lentes larmes chaudes fissent leur apparition.
La jeune fille qui était tout feu tout flamme il y a encore trois heures fondit doucement en eau. Elle se souvenait juste qu’elle avait aimé sur cet air, entremêlant sa voix à celle qu’elle chérissait tant malgré elle.
Avant, ce moment aurait duré plus longtemps, et se serait déroulé avec peut-être plus de gémissements et de malédictions contre son karma. A présent, elle se ressaisissait un peu mieux.

Elle sentit une main sur son épaule. Elle leva les yeux et croisa le regard d’une dame aux courts cheveux bleus. A première vue, elle avait dépassé la trentaine.

??? : Tu ne sais pas tourner la page hein…

Louna était trop fatiguée par sa journée pour s’emporter et se défendre convenablement. Elle luttait déjà difficilement contre l’envie de dormir qui s’était abattue tout à coup sur elle.

??? : Il t’aime non comme tu l’aimerais. Résultat, tu penses à lui dans les bras d’un autre. C’est le seul moyen que tu aies trouvé pour prodiguer des gestes amoureux. Tu vois que ton raisonnement est faux : il ne tient pas tout au long de la route…
Louna : Suis-je morte que l’on me fasse mon procès ? Non, toujours pas, pas de Bérangère à mes côtés…
??? : Pressée d’en découdre avec les responsables du sort ?
Louna : Comment ne pas l’être… super mamie…
??? : Tiens, tu as fini par me reconnaître ?
Louna : Mamie Molly, j’ai le droit de dormir ?
??? : Juste une question : comment as-tu compris pour la part du Don de Bérangère ?

Louna soupira : son sommeil attendrait.

Louna : La première fois qu’elle s’est montrée, Bérangère a été surprise par l’accueil qui nous a été réservé au château. Elle n’a pas eu le temps de réfléchir et a cédé à la peur, à savoir, une vive émotion. Et c’est pareil quand elle a ressenti une forme d’abattement de ne pas se sentir à la hauteur.

Molly exécuta une pichenette sur le front de Louna.

Molly : Ce ne fut pas parfait !
Louna : Mais pourquoi devrais-je être forcément bête ! Le ressenti est forcément dénué d’intelligence ?
Molly : *riant à moitié* Allez, va dormir ! Et ne t’en fais pas, si tu vis en cherchant le Bien, ça ira mieux.
Louna : Comment peux-tu en être sûre ?
Molly : *clin d’œil* J’ai ma petite idée…

Louna sombra dans le sommeil avant de songer à l’idée même de rétorquer.

Lorsqu’elle finit par se réveiller, Bérangère lisait un ouvrage de phytothérapie auprès d’elle. Percevant que sa jumelle avait enfin terminé son somme, elle referma son livre et lui tendit son téléphone mobile.

Bérangère : Tu as un message. Sinon, rien à signaler. L’infirmerie fonctionne normalement. Je te laisse.

Bérangère ferma la porte derrière elle. Elle la rouvrit aussi quand elle sentit le sol vibrer sous ses pieds. Louna renouvelait un petit bond de joie où elle voulut toucher le plafond et grimaça par ses bleus. Quand elle remarqua sa sœur, elle s’assagit et tendit son téléphone mobile.
Bérangère, invitée ainsi à découvrir son message, l’analysa aussitôt.

« Bonjour ma fille de la nuit. Je ne sais toujours pas si tu es encore parmi nous après les assauts du Fléau. Tu étais déjà laconique par le passé mais là... Une personne aimante donne à l’autre des signes de vie. Je ne veux plus d’un couple pareil où l’on souffre l’un l’autre, moi franchement, toi par psychosomatisation. Si tu veux, on fait une descente la semaine prochaine au nord de Strasbourg. Je t’y présenterai Phyla. C’est une personne gaie, pleine de vie, appréciant ce que l’on aime. Sa tendresse à mon égard est trop spontanée pour douter de ses sentiments. Porte toi bien et va en paix »

Bérangère : J’en connais qui seraient effondrées de lire un texto pareil…
Louna : Aussi étrange que cela puisse paraître, j’ai envie de danser, de chanter en face du ciel, haut et fort, sans crainte du regard des autres et je me sens légère, mais légère…
Bérangère : Je dirai que c’est une preuve de plus…
Louna : Je te préviens Bébé, je ne suis pas d’humeur à un « je t’avais prévenue»…

« Bébé » ne renchérit pas tout de suite mais sourit délicatement. Finalement, elle ajouta :

Bérangère : Avoue que tu n’es pas logique même après la Scission. Même dans ton propre mode de pensée.
Louna : Sauf que moi, dans mes « calculs loufoques », j’inclus une variable qui s’appelle l’espoir…
Bérangère : Difficilement quantifiable et qualifiable, oui je le sais… Je t’ai attendue pour prendre une collation.
Louna : Ce n’est pas une mauvaise idée ! Passe devant, je m’apprête et j’arrive.

Ce qui fut chose faite. En refermant derrière elle, Louna entraperçut Molly dans le faible espace de vision qu’il restait alors et qui lui souriait.

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Chapitre 4 : Sauvetage

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